L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Chris the Swiss d'Anja Kofmel

Publié le 2 octobre, 2018 | par @avscci

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Chris the Swiss d’Anja Kofmel

La réalisatrice suisse Anja Kofmel a porté pendant de nombreuses années le sujet de Chris the Swiss. En 1992, la fillette alors âgée de dix ans apprend l’assassinat de son cousin Chris, journaliste qui avait rejoint une brigade paramilitaire en Croatie, au cœur de la guerre en ex-Yougoslavie. Après avoir une première fois raconté l’histoire du reporter dans un court métrage, elle poursuit l’enquête avec beaucoup de sensibilité dans ce documentaire hybride qui mêle témoignages de ceux qui ont connu Chris et séquences animées le mettant en scène à l’époque des faits. Très intime, le récit s’attache d’abord à nous faire connaître le principal protagoniste, jeune homme téméraire qui avait le monde pour patrie. Puis, peu à peu, il bascule dans une forme de quête plus universelle qui se mue en récit historique autour de la guerre des Balkans et des différents intérêts politiques en jeu. Même Carlos, le terroriste international, a une théorie sur la mort de Chris…

Mais le sensationnalisme n’intéresse pas tellement la réalisatrice qui préfère privilégier l’aspect le plus intime de récit, et dresser en creux un portrait de ce cousin qu’elle admirait.  Elle utilise ainsi les passages animés pour rendre compte de ce que fut sa vie au sein du groupe d’extrême-droite, utilisant son style graphique ultra-stylisé, qui flirte parfois avec l’abstraction, pour dépeindre métaphoriquement l’atmosphère cauchemardesque et mortifère de la guerre. Les formes noires qui hantent le film, bruissant et se désintégrant en particules et insectes grouillants, semblent alors les incarnations terrifiantes d’un mal absolu qui n’a jamais totalement cessé de rôder.

Marie-Pauline Mollaret

Film documentaire suisse d’Anja Kofmel (2018). Avec Megan Gay, Joel Basman. 1h30.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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