L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique A genoux les gars d'Antoine Desrosières

Publié le 20 juin, 2018 | par @avscci

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A genoux les gars d’Antoine Desrosières

Deux adolescents profitent de la crédulité d’une de leurs copines pour obtenir des faveurs sexuelles, puis la menacent de tout révéler. Antoine Desrosières s’empare d’un sujet de société central, la question du consentement, pour une comédie trash et éprouvante qui feint d’adopter le point de vue des agresseurs pour mieux dénoncer leurs agissements.

Presque entièrement construit sur la parole et l’utilisation d’une langue ultra-contemporaine qui fuse à toute vitesse, imagée et libre, A genoux les gars fait sans cesse le grand écart entre des dialogues qui font mouche et des situations à la limite du supportable qui mêlent manipulation, harcèlement et viol. Les comédiens, parties prenantes de l’écriture du scénario, sont parfois en roue libre, surjouant chaque émotion jusqu’à la caricature. L’intrigue elle-même n’est pas exempte d’outrances et de maladresses.

Mais le dénouement final, entre pied de nez et ode à la liberté, rééquilibre justement, et même intelligemment, le propos. La dernière partie éclaire en effet tout le reste, apportant un véritable intérêt au long chemin de croix du personnage central. Et sans doute la dénonciation voulue par le réalisateur n’aurait-elle pas été aussi forte dans un récit formellement plus classique. En utilisant les arguments et même le vocabulaire des harceleurs, Antoine Desrosières touche ainsi plus juste, et atteint plus habilement sa cible. Quitte, pour cela, à mettre le spectateur dans une situation éminemment peu confortable. Mais les faits d’agression peuvent-ils jamais l’être ?

Marie-Pauline Mollaret

Film français d’Antoine Desrosières, avec Souad Arsane, Inas Chanti, Sidi Mejai. 1h38.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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