L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Affiche A cause des filles de Pascal Thomas

Publié le 12 février, 2019 | par @avscci

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A cause des filles…? de Pascal Thomas

Quatre ans après Valentin Valentin (sorti de façon plus que malheureuse le jour du massacre à Charlie Hebdo), Pascal Thomas nous revient avec un vrai-faux film à sketchs, dont la structure rappelle Celles qu’on n’a pas eues. A l’occasion d’un mariage raté (le marié est parti à la sortie de l’église… avec une autre), les convives tentent de remonter le moral de la mariée en racontant leurs histoires d’amour, des histoires tragiques, comiques, insolites, vibrantes ou dérisoires. C’est le principe des films à sketchs (même quand ceux-ci ne sont pas étanches, comme ici) : tous les segments du film ne se valent pas. Mais si les pleins alternent avec les déliés, l’écriture de Pascal Thomas reste toujours aussi riche et tonique. L’auteur de Mercredi folle journée n’a pas son pareil pour tourner en dérision ce qui d’ordinaire nous affecte et nous inciter à rire de tout même quand la vie ne tourne pas dans le bon sens. Surtout si la vie ne tourne pas dans le bon sens. Le cinéma de notre homme fait un bien fou, tant il parvient à instiller de la fantaisie au détour d’une phrase, d’un geste, d’une intention, sans pour autant lâcher une seconde ce qui le fascine depuis toujours, cette attirance qui s’exerce entre deux êtres. Ou pas. Sans vraiment avoir constitué de troupe, le cinéaste nous invite en outre à retrouver certains de ses acteurs fétiche de film en film, à l’instar de Bernard Menez, qu’il a révélé jadis dans Le Chaud Lapin, qu’il met à chaque fois dans des situations plus qu’improbables, à la fois alter-ego et souffre-douleur. Mais l’ironie de Pascal Thomas, pour être acide, n’est jamais dévastatrice. D’une part parce que l’humour fait avaler toutes les pilules. Mais aussi parce que le regard que pose le cinéaste sur ses personnages est plein de cette empathie (goguenarde) qui trahit les vrais humanistes. Libertin et libertaire, Pascal Thomas n’est pas de ceux que l’on cite volontiers dans les rangs universitaires. L’auteur de La Dilettante est sans doute trop coutumier des chemins buissonniers pour s’en plaindre. En attendant ses films forment une œuvre véritable derrière laquelle crépitent un cœur et un esprit qui nous font chaud au cœur. Et à l’esprit.

Yves Alion

Film français de Pascal Thomas (2018), avec José Garcia, Marie-Josée Croze, Pierre Richard. 1h40.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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