L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critique Affiche Confident royal de Stephen Frears

Publié le 14 octobre, 2017 | par @avscci

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Confident royal de Stephen Frears

On voit volontiers la reine Victoria sous un jour austère. C’est injuste. Car si elle n’a jamais perdu de vue les charges qui incombaient à son rang, si elle n’a jamais oublié qu’elle régnait sur un empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais, elle a fait preuve d’une ouverture que ses proches le plus souvent réprouvaient. C’est ainsi qu’elle a accueilli à la Cour un Indien musulman dont elle s’est rapidement entichée jusqu’à en faire son confident la plus proche. C’est de cet épisode mal connu du règne de la souveraine que Stephen Frears s’est emparé pour nous livrer un film qui ne dépare pas dans sa très riche (et éclectique) filmographie. On ne s’ennuie pas une seconde et les deux personnages principaux sont portés par des comédiens exceptionnels (il est vrai que Judy Dench, qui joue la reine n’a pas été dépaysée, puisqu’elle était déjà une Victoria presque espiègle dans La Dame de Winsor, de John Madden il y a vingt ans déjà). On se régale également des réactions coincées de la Cour, et notamment du fils de la reine, le futur Edouard VII. Mais Frears y va un peu à fleurets mouchetés à notre goût, lui qui nous avait habitués à plus d’acidité, que ce soit dans ses films à cadre historique (Les Liaisions dangereuses est un modèle du genre) ou dans des films contemporains (le récent Tamara Drew par exemple). Comme si le cinéaste avait été un peu contraint par le soin qu’il mettait à la reconstitution historique (impeccable) pour lâcher la bonde à son ironie la plus cinglante.

Yves Alion

Victoria And Abdul. Film britannique de Stephen Frears (2017), avec Judi Dench, Ali Fazal, Eddie Izzard. 1h 52.

Critique en partenariat avec l’ESRA.

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