Critique

Publié le 11 septembre, 2023 | par @avscci

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Alam de Firas Khoury

Lycéen en Israël, Tamer espère se faire remarquer de sa nouvelle camarade de classe Maysaa en participant à l’action qu’elle prépare avec son ami Safwat : remplacer le drapeau officiel qui trône sur le toit de leur lycée par celui de la Palestine. Il entraîne ses copains Shekel et Rida dans l’opération, prévue le jour de la commémoration de l’indépendance du pays, considéré comme un moment de deuil pour les Palestiniens…

C’est sous l’angle du teen movie à l’américaine que Firas Khoury raconte un combat douloureux pour assumer une identité nationale dans un régime hostile à sa présence. Il dénonce la réécriture dans les cours d’histoire de la création de l’état d’Israël en 1948, et la négation des conséquences sur les populations d’alors et les générations suivantes. Et gare à ceux qui tentent de contredire cette histoire officielle assénée à des élèves qui doivent se tenir bien sages. Ce récit politique passe par le combat commun entre des jeunes engagés et d’autres qui ne le sont pas, plus par renoncement que par ignorance. De simple membre de la communauté palestinienne vivant en Israël, guère motivé à l’idée de s’impliquer dans un conflit plus grand que lui, Tamer va apprendre à assumer son lien avec ses racines. Mahmood Bakri, Sereen Khass et Muhammad Abed Elrahman forment un triangle attachant, soutenus par Mohammad Karaki et Ahmad Zaghmouri en complices pieds nickelés. Tour à tour drôle et tragique, ce plaidoyer contre la violence d’Etat face aux manifestations pacifiques – hélas bien universel – a le mérite de défendre avec complexité des idées claires. Un point de vue qui peut susciter la polémique, le réalisateur adoptant strictement le point de vue de sa communauté, mais l’angle est suffisamment original pour nous captiver, permettant de faire ressentir le quotidien des Palestiniens, les jeunes en particulier, vivant en Israël.

Pascal Le Duff

Film palestinian de Firas Khoury (2023), avec Mahmood Bakri, Sereen Khass, Mohammad Karaki. 1h40




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