L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Livres John-Ford-penser-et-rever-l-histoire-actu-livres-avril-2015-avant-scene-cinema-622

Publié le 27 avril, 2015 | par @avscci

0

Actu livres avril 2015 – Deux fois John Ford

Les modes cinéphiliques vont et viennent, mais on en revient toujours à John Ford. La grande rétrospective proposée cette saison à la Cinémathèque française a permis l’édition ou la réédition d’un nombre considérable d’ouvrages. Si aucune biographie d’ensemble ne peut rivaliser avec celle de Joseph McBride traduite chez Actes Sud sous le titre À la recherche de John Ford, on a pu découvrir de nouvelles études analytiques. Parmi celles-ci, la plus intéressante, et de loin, est un ouvrage collectif intitulé John Ford : penser et rêver l’histoire. Plutôt qu’une analyse exhaustive de l’œuvre, qui se révélerait quasiment impossible à faire tant celle-ci est dense et « touffue », pour reprendre le terme introductif du livre, celui-ci se présente comme une découpe en thèmes transversaux souvent inédits. Pas de chapitre « western », par exemple, mais des regards plus neufs : « Penser l’histoire », « Paysages imaginaires », « Figures bibliques », etc. Certains films occupent une place importante et attendue (L’Homme qui tua Liberty Valance, en particulier), des figures classiques également (la fonction des scènes de bal) ; d’autres films acquièrent par contre une nouvelle dimension (les films avec Will Rogers, en particulier). Tout en lisant les divers chapitres, on ressent bien que la lecture de l’œuvre de Ford a nettement changé : on n’y parle presque plus de La Chevauchée fantastique, et des acteurs comme Lee Marvin ou Woody Strode prennent presque plus d’importance que John Wayne ! La partie la plus importante est cependant celle consacrée à la guerre. En quatre chapitres, elle montre comment celle-ci, et en particulier la Seconde Guerre mondiale, constitue le véritable pivot de toute l’œuvre fordienne, plus sans doute que la mythologie westernienne. C’est donc bien, conformément à son titre générique, tout le rapport de Ford à l’écriture de l’Histoire qui est ici mis en analyse et en évidence. Comme le dit fort bien Jean-François Rauger dans son texte d’introduction en une phrase qui donne la clé de lecture de l’ensemble de l’ouvrage : « Le monde fordien est sans cesse hanté par sa conscience de l’Histoire et par sa mélancolie ».
On pourrait considérer le petit ouvrage consacré par Sylvie Pierre Ulmann à Frontière chinoise dans la petite collection Côté films comme un complément, un appendice essentiel au vaste ouvrage précédent qui fait curieusement silence sur ce film. Il s’agit bien pourtant d’un chef-d’œuvre (et du dernier film de Ford), dont l’importance avait été soulignée dès les années 70 par Jean Roy dans son ouvrage Pour John Ford. Que ce film fasse l’objet d’une étude entière est donc particulièrement bienvenu ; on regrettera d’autant plus que cette analyse se révèle, au final, bien légère, et n’ait qu’une valeur documentaire. Consacrer tout un livre à un film aussi riche et complexe pour conclure que « les images et les sons de ce film ont de quoi bouleverser » est un peu frustrant. ■

LAURENT AKNIN
John Ford, penser et rêver l’histoire. Sous la direction de Jacques Deniel, Jean-François Rauger, Charles Tatum Jr. Yellow Now/Côté cinéma – Maison pour tous / Cinéma Jean Vigo / Gennevilliers. 256 pages
Frontière chinoise par Sylvie Pierre Ulmann. Yellow Now. 110 pages.

  •  
  •  
  •  
  •  




Comments are closed.

Back to Top ↑