L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critiques DVD Les diaboliques d'Henri Georges Clouzot

Publié le 6 novembre, 2017 | par @avscci

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Actu dvd – Tout Clouzot

Le cent dixième anniversaire de sa naissance et le quarantième de sa disparition valent à Henri-Georges Clouzot de revenir sur le devant de la scène. Juste retour des choses pour un cinéaste rare dont sont exhumés simultanément dix longs métrages, un sketch et même cet Enfer inachevé dont Serge Bromberg a reconstitué la genèse. Ce dernier réunit d’ailleurs simultanément un florilège de films qui portent la signature de Clouzot en tant que scénariste et s’avèrent de valeur très inégale.

Au programme du coffret Clouzot avant Clouzot : Ma cousine de Varsovie et Un soir de rafle signés en 1931 par le réalisateur italien Carmine Gallone, Je serai seule après minuit (1931) de Jacques de Baroncelli, Le Chanteur inconnu (1931) et La Chanson d’une nuit (1933) mis en scène respectivement par deux immigrés russes, Victor Tourjansky et Anatole Litvak, La Terreur des Batignolles (1931), le premier court métrage de Clouzot, récemment retrouvé, et Château de rêve (1933) à la réalisation duquel il a collaboré avec un autre transfuge venu de l’Est : le cinéaste austro-hongrois Géza von Bolváry. Comme il le fera aussi avec les Allemands Joe May sur Tout pour l’amour (1933) et Karl Hartl sur Caprice de princesse (1934) qui ne figurent pas parmi cette sélection. Ce sont ces œuvres de jeunesse inégalement captivantes qui ont forgé Clouzot dont la noirceur semble s’être érigée en réaction à l’insouciance superficielle de certaines d’entre elles. Comme pour mieux l’expurger.

L'assassin habite au 21 d'Henri Georges ClouzotMais l’événement du mois sinon de l’année, c’est évidemment ce coffret baptisé Clouzot l’essentiel qui permet de vérifier la modernité de ce cinéaste dont l’œuvre va de L’assassin habite au 21 (1942) à La Prisonnière (1968) et se caractérise par une noirceur qui confine parfois à la perversité pure et simple. Il faut saluer à ce propos la solidarité exemplaire qui a rendu possible ce travail de bénédictin grâce à l’association de plusieurs éditeurs conscients de travailler pour la postérité, lesquels proposent par ailleurs les films dont ils ont les droits en Blu-ray. Vertige cornélien pour les puristes qui ont donc le choix entre un coffret DVD auquel ne manque que La Prisonnière (naguère édité par René Chateau mais dont les droits appartiennent à Sony) et des versions alternatives rehaussées d’un indéniable supplément technologique. Outre les films en versions restaurées en HD, c’est la profusion de bonus qui laisse coi. Là encore, les petits plats ont été mis dans les grands, à travers des angles d’approche particulièrement diversifiés. Chacun des films est accompagné de bonus spécifiques, au sein desquels la restauration bénéficie d’un traitement particulier. Parmi ceux-ci : le point de vie d’esthète du dessinateur Jacques Tardi, un portrait de la comédienne Elisabeth Wiener, un autre de Picasso par sa fille Maya, les points de vue des réalisateurs Xavier Giannoli et Bong Joon-ho sur Le Salaire de la peur, une analyse en règle de la séquence finale de Manon et un entretien d’une demi-heure avec Clouzot… qui ne dissipe qu’une partie du mystère. Un disque supplémentaire propose par ailleurs divers éclairages complémentaires autour de la personnalité de ce cinéaste inclassable, dont une évocation par son frère Marcel et un documentaire exclusif de Pierre-Henri Gibert intitulé Le Scandale Clouzot. Deux autres pépites complètent ce portrait chinois : Brasil, dix minutes tournées par le cinéaste en 1950 dans le cadre d’un projet inachevé connu sous le titre Le Voyage en Brésil, et Les Diaboliques Remix : une réinterprétation contemporaine de son film due à deux artistes compositeurs. En complément, figure enfin un florilège de courts métrages réalisés en hommage à Henri-Georges Clouzot dans le cadre d’un concours organisé parmi les écoles de cinéma.

Jean-Philippe Guerand

Coffret Clouzot avant Clouzot / L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot Lobster Films
Coffret Clouzot l’essentiel / Le Salaire de la peur / Les Diaboliques TF1 Studio
Manon Éditions Montparnasse
L’assassin habite au 21, Le Mystère Picasso Gaumont Vidéo
Miquette et sa mère Pathé Vidéo
Le Corbeau, Quai des Orfèvres, La Prisonnière Studiocanal

 

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