L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critiques DVD Geronimo, le peau rouge de Paul Sloane

Publié le 25 septembre, 2019 | par @avscci

0

Actu dvd septembre 2019 – Treize westerns

Il est très étrange de constater qu’à l’heure où les westerns ont à peu près disparu des salles de cinéma (faute de susciter le désir des producteurs d’aujourd’hui), le genre conserve un vrai dynamisme quant aux sorties DVD de répertoire. Les sorties restent nombreuses… Devant l’ampleur de la tâche, le plus simple est encore de procéder de façon chronologique.

Ce qui nous amène à commencer par Géronimo, le peau rouge (Paul Sloane, 1939). Une rareté qui pourtant nous donne un sentiment de familiarité. Sans doute parce que la trame générale est largement empruntée aux Trois Lanciers du Bengale, d’Henry Hathaway (1935) et que les dernières scènes proviennent intégralement d’Une aventure de Buffalo Bill, de Cecil B. de Mille (1936), deux films qui valent évidemment mieux que ce western un tantinet raciste dans lequel le personnage principal est volontairement enlaidi pour mieux provoquer l’effroi. Mais si l’idéologie véhiculée par le film est pour le moins simpliste (cf le personnage du jeune diplômé de West Point prêt à quitter les rangs de l’armée, qui finalement devient un héros), si le regard porté est celui des militaires et non celui des Indiens, si l’histoire des Apaches est au final au mieux tronquée, le film n’est pas totalement déplaisant. Nous sommes en 1939 (l’année de La Chevauchée fantastique, de Ford) et le western n’est après tout que le reflet des préjugés de l’époque. Comme le film ne manque pas de tonus, qu’il est interprété avec conviction et que certaines scènes sont assez astucieusement mises en scène, il lui sera (un peu) pardonné.

La Vallée de la peur, huit ans plus tard, est évidemment autrement ambitieux. Il faut dire qu’il est signé Raoul Walsh, l’un des grands maîtres du western (et de tous les autres genres en fait). Mais c’est un curieux western, à l’opposé de ceux que le cinéaste avait jusque-là mis en scène, le plus souvent truculents. Ici tout est d’une noirceur d’anthologie, l’atmosphère est à couper au couteau, l’image exagère les contrastes, le destin et la fatalité se taillent une place démesurée, On jurerait presque qu’il s’agit d’un film noir. D’ailleurs La Vallée de la peur est un film noir ayant revêtu les habits du western, mais qui jamais de renonce à ce qui fait sa spécificité. À commencer par une belle collection de digressions psychanalytiques qui en ces années d’après-guerre semblent du dernier chic (cf les films d’Hitchcock et de Lang). Au final le film est parfois un tantinet bourratif et ses faux airs de tragédie grecque l’ankylosent un peu. Mais c’est un film brillant, bénéficiant outre du savoir-faire de Walsh, du jeu tout en retenue de Robert Mitchum, de la musique lyrique de Max Steiner et de la photo superbe de James Wong Howe. Le film reste une date dans l’histoire du western, ouvrant la voie à ces « sur-westerns » qui chercheront à se disculper de tout soupçon de simplisme.

Réalisé la même année (1947) par John Farrow, California, terre promise n’est pas loin d’être l’un de ces sur-westerns tant l’ambition du film, qui vise à concilier l’épopée, le drame et la réflexion politique, semble grande. Peut-être trop pour le réalisateur de La Grande Horloge qui n’a jamais été particulièrement heureux dans le western. Mais notre homme (par ailleurs mari de Maureen O’Sullivan et père de Mia Farrow) sait quand même tenir une caméra (le Technicolor est superbe) et diriger ses comédiens. Ce qui vaut à ce film sans doute trop dispersé de très belles séquences, notamment quand apparaît la toujours impeccable Barbara Stanwyck, aussi à l’aise dans le western que dans le film noir ou la comédie sentimentale. Dans la peau d’une garce attachante, elle trouve ici un rôle en or, reléguant au second plan un Ray Milland pourtant crédible. Le film prend parfois des airs grandiloquents (et risibles) pour illustrer la conquête de l’Ouest, mais il sait faire preuve d’un certain panache quand il décrit les idéaux de certains fondant comme neige au soleil quand se propage la fièvre de l’or.

Kansas en feu (Ray Enright, 1950) met en scène quelques personnages emblématiques de la légende de l’Ouest, Quantrill et les frères James, des personnages que le western ne s’est jamais privé de mettre en scène. Le premier est un ancien soldat du Sud qui après la Guerre de Sécession se mue en bandit de grands chemins, qui à la tête d’une troupe nombreuse (le film n’a pas les moyens de réunir autant d’hommes qu’il aurait fallu) écume le Middle West. Son exaction la plus meurtrière porte le nom de Lawrence (Kansas) où furent abattues des dizaines de citoyens ordinaires. Les frères Jesse et Frank James sont quant à eux des figures incontournables, mythifiées par le western, des gars du Sud que les outrances nordistes ont jetés dans les bras du grand banditisme. L’itinéraire moral des frères est au cœur du film, lorsque ceux qui étaient prêts à tout pour se venger se rendent compte qu’ils sont pires que leurs bourreaux. S’ajoute à cela une histoire d’amour plutôt bien troussée… Le film est incontestablement une réussite. Les scènes de pillage sont impressionnantes et le personnage de Jesse James possède une épaisseur nouvelle. Incarné par Audie Murphy (qui a alors 25 ans), ce rebelle écorché vif n’est pas loin d’annoncer les personnages que porteront James Dean ou Marlon Brando quelques années plus tard. Nous aurons davantage de réserves pour ce qui est de Brian Donlevy, qui interprète Quantrill. Ne serait-ce que parce que notre homme a 49 ans lors du tournage alors que celui à qui il prête ses traits a rendu son âme (noire) à 28 ans. Un peu plus de fidélité historique n’aurait pas nuit…

La Flèche brisée (Delmer Daves, 1950) nous entraîne un peu plus à l’Ouest (en Arizona) pour nous raconter une histoire également basée sur des faits historiques, quand un certain Tom Jeffords a obtenu des Chiricahuas (Apaches) qu’ils renoncent à la violence. Le film est tenu pour beaucoup comme le premier western véritablement pro-indien. Ce n’est pas exact, mais c’est celui que l’Histoire du cinéma a retenu. Il est vrai que son signataire n’est autre que Delmer Daves, qui n’est pas seulement l’un des maîtres du western, mais également un authentique humaniste. Il n’y a rien d’étonnant donc à ce que les Indiens ne soient pas ces bêtes sauvages que nombre de westerns avaient jusqu’alors décrits, mais des êtres humains avec leurs forces et leurs faiblesses. On pourra sans doute ergoter sur l’exemplarité du parcours du personnage principal (par ailleurs interprété par un James Stewart magistral qui faisait là ses débuts dans le western, genre dans lequel il laissera une marque indélébile), ou même sur la rivalité entre Cochise, homme de paix et Géronimo, qui, lui, n’a jamais voulu enterrer la hache de guerre (c’était en fait plus compliqué que cela). Mais ce ne sont que peccadilles tant le film de Daves regorge de belles choses. Notamment cette volonté de montrer les Apaches dans leur quotidien, un quotidien que Daves avait cherché à connaître avec précision avant le tournage.

D’une flèche à l’autre… La Dernière Flèche (Joseph Newman, 1952) possède nombre de points communs avec le film de Daves. Il se veut pro-indien, se régale de montrer les tribus au sein du village… et a été tourné en Arizona. Le problème est que cette fois-ci, l’action se situe à la frontière entre les États-Unis et le Canada, où les terres ne sont pas rouges… Pour le reste, le film est honnête mais manque indubitablement de dynamisme. Pourtant le film démarre sur les chapeaux de roues, et les premières scènes d’action sont éblouissantes. Mais elles appartiennent au Buffalo Bill de Wellman (1944). Contrairement à celles qui clôturent le film qui, elles, ne valent pas tripette. Reste le plaisir de retrouver Tyrone Power, qui tire une nouvelle fois son épingle du jeu.

La Montagne jaune (Jesse Hibbs, 1954) ne compte pas non plus parmi les chefs-d’œuvre du genre, mais appartient sans conteste à la catégorie de ces films du samedi soir que l’on voit avec plaisir. Quand les deux personnages masculins principaux se croisent au début, leurs retrouvailles se font sous une avalanche de coups de poings qui appartiennent davantage à un rituel pittoresque qu’à une volonté du réalisateur de porter la violence à incandescence. D’une certaine manière, tout le film va conserver cette allure bon enfant, faisant au passage un détour vers la comédie sentimentale lorsque les deux hommes s’affronteront également pour les yeux d’une belle. Mais la véritable originalité du film, c’est sa volonté de nous en dire davantage sur la façon dont étaient vendues les concessions lors de la ruée vers l’or et comment étaient analysés les échantillons de roches quand il s’agissait de connaître leur teneur en or.

Le Bandit (Edgar G. Ulmer, 1955) ne manque pas non plus d’originalité. C’est le seul western d’Edgar G. Ulmer, un cinéaste pourtant des plus éclectiques. Et en même temps ce n’est pas vraiment un western. On a le sentiment que le cinéaste, qui reste de toute évidence marqué par l’expressionnisme de sa jeunesse (il a travaillé avec Murnau) ne s’intéresse pas vraiment au genre, dont il ne cherche pas le moins du monde à reprendre les codes. En revanche les personnages qu’il met en scène le passionnent, qui lui donnent la possibilité de disserter sur nos faiblesses, voire de développer quelques interrogations métaphysiques. Sur le plan dramatique, le trio au centre du film (un bandit, un couple que le destin va associer à ses méfaits) ne manque pas de nuances. Parce que l’éternel triangle amoureux possède des richesses jamais épuisées, parce que la véritable amoralité n’est pas chez celui que l’on croit… Pour autant ce Bandit manque un peu de moyens et de scènes d’action pour véritablement nous happer (même s’il prend la forme d’un huis clos itinérant), un caractère commun à nombre des films du réalisateur de Détour.

Ce qui n’est pas le cas de La Rivière de nos amours, réalisé la même année par André De Toth. Ne mâchons pas nos mots : ce film est un chef-d’œuvre. La trame partage les éléments d’autres films chroniqués plus haut : une histoire d’amour entre un Blanc et une Indienne, la description empathique des mœurs d’une tribu, la fragilité des accords de paix, la fièvre de l’or qui exacerbe les passions, etc. Mais tous ces éléments sont agencés à la perfection pour nous faire partager les affres du personnage principal incarné par le toujours excellent Kirk Douglas. Qui incarne pour l’occasion l’un de ces hommes de l’Ouest (le film se déroule en Oregon) qui pressent à son grand désarroi que la terre qu’il a aimée va bientôt s’ouvrir aux vents mauvais d’une modernité délétère. Se dégage en outre un amour de cette terre qui se ressent à chaque plan. Et une sensualité peu commune, qui trouve son apogée dans la très belle scène où les étreintes entre les personnages de Kirk Douglas et celui d’Elsa Martinelli (c’est une Italienne qui interprète l’Indienne) se font dans le lit de la rivière… De Toth n’a sans doute pas le plus souvent la dimension d’un Ford ou d’un Walsh, maîtres ès-westerns s’il en est, mais en l’occurrence les trois borgnes d’Hollywood ont bel et bien fait jeu égal.

L’Aventurier du Texas (Budd Boetticher, 1958) n’a que peu à voir. Il n’y a ni Indien ni lyrisme, mais une ironie permanente peu habituelle chez l’auteur de Comanche Station. Nous ne sommes pas totalement dépaysés pour autant, puisque son acteur-fétiche, Randolph Scott, est une nouvelle fois au cœur de l’intrigue, même s’il affiche une désinvolture un rien déconcertante, y compris quand il est question qu’on lui passe la corde au cou. Cet « aventurier du Texas » est, il est vrai, comme un chien au milieu d’un jeu de quilles au cœur d’une petite ville de Californie tenue par une seule et même famille. Qui s’avère à l’heure où il est question de mettre la main sur un gros pactole prête à toutes les manigances et à toutes les iniquités. Rien ne devant jamais être pris totalement au sérieux, quitte à renoncer à la moindre tension dramatique, nous ne sommes pas loin (avec des années d’avance) de la parodie westernienne telle que conçue par les frères Coen dans leur réjouissante Ballade de Buster Scruggs.

L'homme aux colts d'or d'Edward DmytrykL’Homme aux colts d’or (Edward Dmytryk, 1959) n’affiche pas la même marginalité, il s’agit au contraire de l’un de ces grands classiques qui inspirent le respect (et parfois un peu d’ennui). Le film s’inscrit en tout cas parmi ces « sur-westerns » qui dépassent le genre et instillent une dose importante de drame, voire de réflexion politique. La tension permanente, la peur qui se répand comme une maladie, la complexité des sentiments qui parcourent les personnages, le duel final nous entraînent du côté du Train sifflera trois fois ou de Trois heures dix pour Yuma. Nul doute que le film ait fait partie de ceux que Sergio Leone rangeait dans son panthéon personnel, et ce n’est sans doute pas un hasard si le rôle central est tenu par un Henry Fonda aux antipodes de ses rôles positifs précédents, annonçant la sombre crapule qu’il campera neuf ans plus tard dans Il était une fois dans l’Ouest. Mais aucun des personnages n’est tout noir ou tout blanc, et c’est l’une des qualités du film. Chacun possède sa part d’ombre ou de secrets plus ou moins enfouis, à commencer par les sentiments très flous que porte le personnage interprété par Anthony Quinn à l’égard de celui que campe Fonda. Il n’est pas abusif de penser qu’ils vont au-delà de l’amitié… Mais le plus passionnant de ce film d’une richesse peu commune réside dans la façon dont les  désirs de loi et d’ordre de la population évolue quand il devient patent que l’homme qui les a ramenés est loin d’être un idéaliste. Cette réflexion sur les aléas des convictions politiques pourrait presque passer pour un plaidoyer pour lui-même de la part d’Edward Dmytryk qui, après avoir été l’une des principales victimes de la chasse aux sorcières maccarthyste a retourné sa veste pour ne pas définitivement annihiler tout espoir de travail au sein des studios.

Si le spaghetti-western commence à faire sentir ses effluves dans le film de Dmytryk, il est manifestement au cœur du débat quelques années plus tard, quand Hugo Fregonese réalise La Pampa sauvage (1966). Un film qui lui tient manifestement à cœur, puisqu’il s’agit du remake de son premier long métrage, réalisé quelque vingt et un ans plus tôt. Mais Fregonese n’est pas un cinéaste de westerns comme les autres. Ne serait-ce que parce qu’il est argentin, et le film a d’ailleurs été tourné en Argentine. Ce qui vaut quelques belles scènes où les gauchos utilisent les « trois boules », cet arme de jet permettant d’entraver le bétail. Peut-être est-ce le signe d’une certaine solidarité latine, mais cette Pampa sauvage évoque évidemment ce qui se faisait au même moment en Espagne ou en Italie. Par la mise en scène, parfois baroque, mais également par la peinture des personnages et le choix des thèmes. Car au cœur de la pampa se trouvent des soldats en garnison dont la libido souffre violemment d’un isolement absolu. Pour contrer des désertions de plus en plus massives, l’idée est de faire venir quelques femmes de petite vertu. On aura rarement été plus clair. Et d’ailleurs aussitôt les belles sur place chacun se jette sur l’élue comme un affamé sur un quignon de pain. William Wellman avait en son temps traité un sujet similaire dans Convoi de femmes (1951), mais avec infiniment moins de crudité on s’en doute. Ce ton iconoclaste n’est pas la moindre qualité du film (même si tout rentre assez vite dans l’ordre, quand chaque soldat, une fois pourvu se refuse à partager son butin avec ses congénères, reproduisant aussitôt des schémas traditionnels), qui par ailleurs souffre de quelques incohérences narratives. Mais La Pampa sauvage vaut également pour ceux qui aiment le cinéma hollywoodien par la prestation de Robert Taylor dont c’est l’un des derniers films (il mourra trois ans plus tard) et qui affiche une lassitude (il n’a pas besoin de forcer son épuisement) qui apporte énormément au personnage.

Nous terminerons sur un western plus iconoclaste encore, Missouri Breaks, d’Arthur Penn (1976). C’est le troisième et dernier western de Penn. Le premier, Le Gaucher (1958), portrait fiévreux de Billy the kid, a mal vieilli, marqué par des options très « Actor’s studio ». mais le second, Little Big Man (1970), fresque picaresque et pro-indienne reste un modèle, où Penn mélange les genres et fait feu de tout bois pour dire sa colère contre la façon dont l’Ouest a perdu l’esprit des pionniers au profit d’une rationalité destructrice qui annonce les premiers pas d’un capitalisme triomphant. Missouri Breaks participe un peu au même credo, mais laisse les Indiens de côté pour mettre en scène un brave fermier (ancien voleur de chevaux il est vrai) et un « régulateur », tueur sans foi ni loi au service des grands propriétaires terriens. Que les deux personnages soient interprétés par Jack Nicholson et Marlon Brando, alors au faite de leur gloire, n’est pas sans incidence sur le film. Surtout quand Penn lâche la bride à celui qu’il avait déjà dirigé dans La Poursuite impitoyable (1964) : Brando en fait des tonnes et se grime avec une frénésie qui semble parfois déborder du film. Un film plutôt classique par ailleurs, qui laisse la part belle aux sentiments et à une vision très élégiaque de la vie rurale… Le film est donc davantage une curiosité qu’une réelle réussite. Mais il reste signé par un maître, Arthur Penn, le signataire de Bonnie and Clyde, celui qui a su introduire un peu de sensibilité européenne (thématiquement et esthétiquement) dans un cinéma américain alors en pleine mutation. Il annonce incontestablement le triomphe prochain du Nouvel Hollywood. Le film qui suivra Missouri Breaks dans sa filmo est en tout cas un chef-d’œuvre absolu, Georgia, auquel l’ASC consacrera l’un de ses prochains numéros…

Yves Alion

Géronimo, le peau rouge ESC
La Vallée de la peur Sidonis
Californie, terre promise ESC
Kansas en feu Sidonis
La Flèche brisée Sidonis
La Dernière flèche Sidonis
La Montagne jaune ESC
Le Bandit Sidonis
La Rivière de nos amours Wild Side
L’Aventurier du Texas Sidonis
L’Homme aux colts d’or Sidonis
La Pampa sauvage Sidonis
Missouri Breaks Rimini

  • 1
  •  
  •  
  •  




Back to Top ↑