L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critiques DVD loi_marche

Publié le 20 septembre, 2015 | par @avscci

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Actu DVD septembre 2015 – Quatre films français récents

La Loi du marché est sans doute l’un des films les plus remarqués de la saison. Parce qu’il a rencontré son public alors que d’aucuns pensaient que le portrait d’un chômeur en fin de droits n’était pas ce que le cinéma pouvait proposer de plus sexy. Parce que la démarche vériste de Stéphane Brizé est aussi séduisante que radicale. Parce que Vincent Lindon y est exceptionnel, ce qui lui procura d’ailleurs un Prix d’interprétation à Cannes… Mais nous n’avons pas attendu la sortie du DVD pour dire tout le bien que nous pensons de ce film, nos lecteurs n’ayant pas manqué de remarquer qu’une ITW de Stéphane Brizé se trouvait dans les pages Actu de l’ASC n°623. Passionné de cinéma autant que généreux de son temps, le réalisateur est ici très présent. Puisqu’il effectue un commentaire en temps réel tout au long du film (pour le DVD collector de la FNAC), ce qui lui permet de revenir sur les moments forts du tournage, développant au passage les conditions de sélection des acteurs non-professionnels. Au titre des suppléments nous sont également proposés le très émouvant discours de Lindon à la remise des Prix à Cannes, une interview de Brizé et une très éclairante intervention de Claude Halmos, psychanalyste de son état, qui nous parle du traumatisme vécu par les chômeurs, qui voient tout leur être détruit par un sentiment d’exclusion (alors que certains ne considèrent que le déficit matériel de leur état).

JAMAIS DE LA VIE

Vincent Lindon avait jadis joué un rôle un peu comparable dans le superbe Fred, de Pierre Jolivet. Il aurait pu être ce vigile (s’il avait eu goût à se cantonner cette année dans le rôle) dans Jamais de la vie, le dernier opus du signataire de Ma petite entreprise. Mais Olivier Gourmet est tout aussi épatant dans la peau de cet homme au bout du rouleau qui assiste à la dérive d’un monde qu’il a cessé de comprendre. Jolivet a rarement été d’humeur aussi sombre, mais il faut bien dire que le noir lui sied : le film est magnifique. Ce que nous avions déjà eu l’occasion de signaler lors de l’entretien que le cinéaste nous a accordé il y a peu (cf ASC n°622). Le film est pour l’occasion accompagné de deux suppléments. D’une part un sympathique mais succinct making of qui souligne que si le film ne racontait pas des choses très gaies, le tournage n’en a pas moins été joyeux. D’autre part l’intégralité de la master class menée (de main de maître) par Pascal Mérigeau au Forum des images. Ce qui nous donne l’occasion d’entendre Jolivet revenir pendant plus de 90 minutes sur son itinéraire de cinéaste. Il nous parle de sa passion du cinéma bien sûr, mais aussi de la constance de son engagement politique (en partie par opposition à un père appartenant à la droite dure, dont il ne se lasse pas de dire du mal).

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Jérôme Bonnell possède un point commun avec les deux cinéastes précédents : il est présent dans nos pages, celles du n°621 pour être précis. Redisons l’engouement que nous avons pour ce cinéaste en général et pour son À trois on y va en particulier. Ce film est en état de grâce, qui nous émeut profondément tout en distillant une fantaisie de tous les instants (le sens du burlesque de Bonnell est de plus en plus marqué) et un entêtant parfum de liberté (liberté d’aimer, mais aussi liberté de son cinéma). Et profitons de l’occasion pour dire que l’ASC publiera très prochainement un numéro consacré à l’un des films de cette étoile montante du cinéma français, J’attends quelqu’un. Pas d’ITW en bonus (il est conseillé de relire celle de l’ASC), mais un très séduisant court métrage, Quatuor, variation amoureuse et burlesque autant qu’exercice de style. Que du plaisir…

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Nous n’avons pas en revanche rencontré Alix Delaporte pour son Dernier Coup de marteau. Mais nous l’avions fait lors de la sortie de son film précédent (son premier), Angèle et Tony. Les deux films ont en commun de nous montrer Grégory Gadebois et Clotilde Hesme au sommet de leur capacité à nous toucher parfois d’un simple regard, d’un petit rien. Mais aussi une égale réussite, le cinéma d’Alix Delaporte étant toujours aussi âpre, bouleversant même. Le Dernier Coup de marteau brosse aussi le portrait d’un ado à la croisée des chemins, incarné par un jeune comédien dont on n’a pas fini de parler : Romain Paul. Un bonus nous permet de faire plus ample connaissance avec lui, lors des essais d’avant tournage.

Yves Alion

À trois on y va Wild Side
La Loi du marché Diaphana
Jamais de la vie Ad Vitam
Le Dernier Coup de marteau Pyramide

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