L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


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Publié le 19 octobre, 2015 | par @avscci

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Actu DVD octobre 2015 – La tête haute et Un peu, beaucoup, aveuglément

Deux films français récents

Nous n’avons pas attendu de lui consacrer un numéro de l’ASC (le 613, pour Elle s’en va) pour avoir de l’admiration à l’endroit d’Emmanuelle Bercot. Son parcours témoigne d’une évidente montée en puissance, au fur et à mesure que sa palette s’élargit, qu’elle touche un public plus large, sans rien renier de sa façon extrêmement sensible et souvent dérangeante de voir le monde. La Tête haute, a fait l’ouverture du dernier Festival de Cannes (le film était hors compétition, mais la cinéaste, qui est aussi comédienne a décroché le Prix de la meilleure comédienne pour sa prestation dans Mon roi de Maïwenn). C’est un film superbe, âpre et généreux à la fois qui suit le parcours d’un gamin désocialisé, qui balance entre la tentation de la violence et le désir de trouver des attaches. Le film ne multiplie pas nécessairement les morceaux de bravoure ni ne recherche le pittoresque à tout prix, et c’est à son crédit.

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L’axe choisi par Emmanuelle Bercot est celui de l’institution judiciaire dans sa prise en charge (pas facile) du gamin, que le film suit depuis sa petite enfance jusqu’à l’âge adulte. L’occasion de tirer son chapeau à ceux qui cent fois sur le métier remettent leur ouvrage dans l’espoir de remettre ces gamins perdus sur les rails. Mais aussi de brosser le portrait d’un ado à qui l’on a perpétuellement envie de donner des claques, pour le prendre ensuite dans les bras. Rod Paradot, qui n’avait jusque-là jamais joué la comédie est assez étonnant dans le rôle. Il faut dire qu’il est magnifiquement entouré. Par d’autres jeunes plus ou moins paumés. Mais aussi par quelques grands comédiens, parmi lesquels la reine Deneuve, à qui la cinéaste avait offert un peu plus tôt l’un de ses plus beaux films, Elle s’en va. Les suppléments sont unicolores, mais passionnants : huit scènes coupées au montage pour des raisons diverses, commentées par Bercot.

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Un peu, beaucoup, aveuglément n’a guère de points communs avec le film qui précède. Si ce n’est le talent de celui qui le signe, un certain Clovis Cornillac. On aurait pu craindre que le film ne fût que le fruit des fantasmes d’un comédien bankable, soucieux de se donner le beau rôle. Il n’en est rien, et le film s’avère dans son genre parfaitement ficelé. Certes la trame est assez mince, qui tourne autour de l’histoire d’amour improbable entre deux voisins qui ne se voient jamais, mais c’est la loi du genre. Le film affiche d’ailleurs d’évidents liens de parenté  avec les délicieuses et survitaminées screwball comedies des années 30. Au point que l’on ne serait pas dépaysé de voir surgir Cary Grant et Katharine Hepburn au détour d’un couloir. Le rythme est soutenu, les inventions visuelles ne manquent pas et les comédiens sont parfaits. Que demande le peuple ? En supplément l’un de ces making of qui nous font regretter de ne pas avoir été sur le plateau. La fièvre de la création (a fortiori quand elle est collective) est souvent contagieuse… n Y. A.

La Tête haute Wild side / Un peu, beaucoup, aveuglément Universal

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