L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


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Publié le 19 octobre, 2015 | par @avscci

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Actu DVD octobre 2015 – Good Kill et Adaline

Deux films américains récents

« Good Kill » (littéralement « Dans le mille ») : telle est la formule qui annonce un objectif atteint pour les pilotes de drones regroupés dans un baraquement perdu de la banlieue de Las Vegas. Les membres de cette unité particulière de l’armée de l’air américaine sont recrutés pour l’essentiel parmi des champions de jeux vidéo qui passent ainsi de la réalité virtuelle à une guerre dématérialisée. Ils passent des heures à scruter des images d’Afghanistan ou du Pakistan envoyées par des caméras de surveillance, afin d’y repérer des cibles potentielles et les éliminer ensuite proprement et sans bavure.

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Good Kill s’attache à un ancien pilote de chasse (Ethan Hawke, torturé à souhait) affecté malgré lui dans ce service qui souffre de cette dématérialisation inhumaine et où l’on tue « proprement », sans avoir à soutenir le regard de l’ennemi ou même à risquer sa vie. Mais ici le mal est intérieur et notre homme est rongé chaque jour un peu plus par son quotidien qui détruit peu à peu son entourage. En abordant ce thème, Andrew Niccol a souhaité mettre des images sur des informations qui en sont généralement dénuées pour des raisons stratégiques aux yeux du grand public. En contrepoint d’un making of qui donne la parole à ses interprètes, il s’en explique dans une interview passionnante menée par Nicolas Schaller, au cours de laquelle il dévoile ses motivations de cinéaste, que ce soit en tant que scénariste de Truman Show de Peter Weir (1998) ou comme réalisateur de Lord of War (2005).

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Sorti en avril dernier aux États-Unis (où il n’a rapporté que 42 M$ pour un budget estimatif de 25 M$), mais demeuré inédit dans les salles françaises, Adaline aborde le fantasme de la jeunesse éternelle qui a notamment inspiré Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde et L’Étrange Histoire de Benjamin Button de David Fincher (lui-même tiré d’une nouvelle de Scott Fitzgerald). Née au début du XXème siècle, Adaline Bowman a été victime d’un accident puis d’une conjonction de phénomènes irrationnels qui ont suspendu son vieillissement. Du coup, au fil des années, elle a dû changer d’identité et déménager, en veillant à ne s’engager dans aucune relation sentimentale durable et à effacer les traces de son passage. Simultanément, sa propre fille a atteint l’âge d’être sa grand-mère, performance que relève facétieusement l’excellente Ellen Burstyn. Jusqu’au jour où elle se trouve confrontée à l’un de ses ex-amoureux (Harrison Ford, dans un contre-emploi délicieux). Concept périlleux auquel Lee Toland Krieger parvient à donner un minimum de vraisemblance, en abordant son sujet sur le registre de la comédie sentimentale. Il dispose pour cela d’un atout majeur en la personne de Blake Lively, l’héroïne de la série Gossip Girl, et s’en remet à la voix off pour expliquer… l’inexplicable. Une batterie de bonus fournie revient sur les enjeux de ce conte, avec en prime deux séquences inédites qui sont loin d’être anecdotiques. Une découverte s’impose.

Jean-Philippe Guerand

Adaline / Good kill
TF1 Video

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