L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


Critiques DVD affiche-j-accuse-abel-gance-avant-scene-cinema-622

Publié le 27 avril, 2015 | par @avscci

0

Actu DVD avril 2015 – J’accuse d’Abel Gance

Certains résument Abel Gance à son Napoléon, un film considérable certes, mais qui ne saurait laisser dans l’ombre une œuvre qui compte plus de cinquante films, une œuvre sans doute inégale, dont la séduction est évidemment moindre quand le cinéaste aborde le parlant, mais une œuvre qui garde une place de quelque importance dans le panorama du cinéma français. J’accuse est antérieur à Napoléon, il précède immédiatement La Roue, l’autre chef-d’œuvre incontestable du cinéaste. Mais outre ses qualités propres, il est dans la situation remarquable d’avoir été tourné pendant la Première Guerre mondiale, avec le renfort du Service cinématographique des armées. C’est un mélodrame aux ressorts aujourd’hui un peu rouillés, mais qui comporte un certain nombre de scènes portant un éclairage d’autant plus réaliste sur la guerre en cours que les rôles secondaires sont tenus par de véritables soldats, des soldats qui savent que leur vie ne tiendra qu’à un fil dès qu’ils auront fini de tourner et qu’ils repartiront sur le front. Leur émotion ne devait pas être feinte de jouer leur mort en sachant qu’il pouvait très bien s’agir d’une répétition générale. Le film est résolument pacifiste, et la scène finale, qui voit les morts se relever pour inviter les survivants à ne plus jamais perpétrer une telle boucherie est de celles qui restent gravées dans la mythologie du cinéma. Gance n’a jamais eu peur de l’outrance et personne ne songera à lui reprocher, c’est ce qui fait sa force. Et même si la trame est datée, force est de reconnaître que les images sont souvent superbes et le montage suffisamment dynamique pour trancher d’avec le cinéma d’alors, d’une lenteur démonstrative qui décourage la plupart des spectateurs d’aujourd’hui.

j-accuse-abel-gance-avant-scene-cinema-622

Deux bonus : le premier est de papier (un livret est glissé dans le boîtier du DVD) et regroupe plusieurs textes, dont le plus intéressant porte la signature de Kevin Brownlow, historien du cinéma, à qui l’on doit d’avoir longtemps travaillé à la restauration du Napoléon de Gance après avoir pris langue avec ce dernier. Il nous dit ici toute son admiration pour le cinéaste. Le second bonus est un film complet, Mères françaises. Un film redécouvert il y a peu, tourné lui aussi pendant la guerre, édifiant lui aussi. L’histoire est celle d’une femme allant à la recherche de son fils sur les champs de bataille. Tourné comme un documentaire, le film est un témoignage quasi unique de ce qu’était la guerre des tranchées. Mais son intérêt artistique est d’autant plus grand que le rôle principal est tenu par Sarah Bernhardt, qui a alors 72 ans. La comédienne est déjà privée de sa jambe, amputée pour cause de gangrène. Ce qui fait qu’elle n’apparaît qu’assise, ou appuyée contre un mur… On imagine les conditions de tournage, d’autant qu’il fallait protéger le plateau, qui n’était qu’à quelques kilomètres du front… ■

YVES ALION
Lobster

  •  
  •  
  •  
  •  




Comments are closed.

Back to Top ↑