L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


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Publié le 27 avril, 2015 | par @avscci

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Actu DVD avril 2015 – Cinq films français récents

Ce mois-ci encore, le cinéma français fait la preuve de sa qualité et de son éclectisme. Il prouve d’abord qu’il peut être immensément populaire. Pour preuve cette Famille Bélier qui met en scène une famille de sourds-muets sans jamais verser dans le misérabilisme. Le film possède bien des atouts : un scénario taillé sur mesure, une drôlerie de tous les instants, notamment pour ce qui est du couple formé par François Damiens et Karin Viard, une bonne dose de charme, Louanne Emera (qui avait fait ses preuves dans The Voice à la télé avant de débarquer au cinéma) et des chansons qui enchantent (on se met à aimer Sardou). Bien sûr le cinéphile plus exigeant pourra faire remarquer (à bon droit) que Marie Heurtin était sur un sujet voisin autrement plus ambitieux en matière de cinéma ou que le scénario est ici un peu trop poli pour être honnête. C’est vrai, mais notre degré de sympathie n’est pas atteint pour autant. En bonus, une version pour sourds et malentendants (c’était bien le moins) et un karaoké.

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À la vie, le petit dernier de Jean-Jacques Zilbermann, n’avait pas les atouts de celui d’Éric Lartigau. Malgré quelques maladresses, c’est pourtant un film des plus émouvants, qui raconte l’histoire de trois femmes qui se retrouvent l’espace de quelques jours de vacances plusieurs années après s’être quittées lors de la libération du camp d’Auschwitz. Le film aurait pu plonger dans le pathos (à l’image de la toute première séquence, qui se situe dans le camp d’extermination) et c’est tout l’inverse qui se produit. La douleur est là, irréductible, mais c’est pourtant (comme le titre l’indique) une ode à la vie qui nous est offerte. La fragilité généreuse de Julie Depardieu dans le rôle central n’y est pas pour rien. Un brin nostalgique (la reconstitution des années 60 est impeccable), le film a évidemment une base autobiographique. Zilbermann ne cache pas qu’il parle de sa mère. Et d’ailleurs le film se termine sur l’image de cette dernière avec ses deux amies rescapées. Une image que prolonge le long reportage qui accompagne le film (55 mn) : Irène et ses sœurs, au cours duquel nous faisons connaissance avec celle qui est le modèle de ce joli film.

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Les deux films suivants, Terre battue et Qui vive, sont quant à eux contemporains.
Le premier est signé par un Chti, Stéphane Demoustier (frère d’Anaïs) et produit par les frères Dardenne. Le film se situe d’ailleurs dans leur mouvance et parvient parfaitement à faire vivre des personnages en prise avec des enjeux sociaux. L’univers est celui du tennis de compétition et met en scène un ado qui rêve de faire partie du circuit professionnel. Quitte à transgresser les règles sociales. Mené comme un thriller, le film est parfaitement équilibré, qui laisse vivre ses personnages sans jamais rien lâcher de la description d’une société qui n’a pas beaucoup le loisir de se détendre, tant la pression est devenue constante et les enjeux lourds de conséquence. Les suppléments sont riches. Nous sont en particulier offertes 15 minutes de scènes coupées, commentées par Demoustier et son monteur. L’occasion d’une leçon de cinéma, chaque coupe étant le fruit d’un choix parfois difficile entre le désir de montrer une scène qui fonctionne et les équilibres internes du film. Nous sont entre autres offerts une leçon d’anglais au Pôle emploi (qui n’a rien de simulée) et une impro réjouissante dans un fast food. Plus un documentaire de 40 minutes, Les Petits Joueurs, sur le monde des apprentis champions de la balle jaune.

L’aspect social de Qui vive est encore plus prononcé, qui s’intéresse à un jeune de banlieue qui voudrait faire des études mais que son environnement ramène sans cesse à ce qu’il est. L’ambiance est un peu la même que dans le superbe film de Pierre Jolivet dont il est question un peu plus haut. D’autant que le personnage central est également vigile, une profession que l’on exerce rarement par idéal. En attendant, si le film est passé assez inaperçu lors de sa sortie en salle, il y a fort à parier que l’on entendra parler de sa signataire, Marianne Tardieu. Dont nous avons le plaisir de découvrir ou de revoir en bonus un joli court métrage datant de 2007, Les Gueules noires, soit un groupe musical de vieux punks au bout de leurs illusions…

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Nous terminerons cet échantillon de la production française par un film de télévision, La Loi. Avec les limites esthétiques du genre, mais avec une foi intacte dans la capacité du petit écran à traiter de sujets que le grand délaisse. La loi en question, c’est la loi Veil, dont on a célébré cette année les quarante ans (alors que les réticences de certains concernant l’IVG restent vivaces). Le film de Christian Faure ne cherche pas à finasser, il a l’intelligence de s’effacer derrière son sujet. Et d’établir clairement les enjeux ou les forces en présence. Rappelons pour mémoire que la loi Veil, proposée sous un gouvernement de droite, a majoritairement hérissé les supporters du pouvoir en place (qui s’en sont pris de façon parfois odieuse à celle qui l’incarnait) et n’a pu être votée que grâce à l’opposition de gauche. Et ajoutons en guise d’épilogue qu’Emmanuelle Devos est absolument éblouissante avec la tailleur et le chignon de Simone Veil. ■ Y.A.

La Famille Bélier FranceTV Distribution
A la vie FranceTV Distribution
Terre battue Diaphana
Qui vive Rezo Films
La Loi Éditions Montparnasse

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