L’Avant-Scène Cinéma, un magazine unique !

L’Avant-Scène Cinéma a vu le jour en 1961, autant dire il y a un millénaire. Si l’équipe qui fait vivre aujourd’hui la revue n’était pas présente lors de sa naissance, elle n’en est pas moins fière de perpétuer une tradition. Car l’Avant-Scène Cinéma n’est pas une revue comme les autres. C’est la seule au monde à publier de façon aussi régulière et systématique le scénario de films, parfois des grands classiques de l’Histoire du cinéma, parfois des films plus confidentiels mais qui nous sont chers.


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Publié le 6 décembre, 2016 | par @avscci

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Actu dvd – 2 grands classiques du cinéma français

Un fringant spahi surnommé « Gueule d’amour », en raison des ravages sentimentaux qu’il produit sur le beau sexe, croise un jour à Cannes une demi-mondaine insaisissable qui va contribuer à ébranler ses certitudes. En reconstituant le couple formé par Jean Gabin et Mireille Balin dans La Bandera de Julien Duvivier (1935), Jean Grémillon exécute en fait une commande, en échange de laquelle le producteur Raoul Ploquin s’est engagé à financer dans la foulée un projet qui lui tient particulièrement à cœur, L’Étrange monsieur Victor (1938). Autant les extérieurs sont tournés en décors naturels, à Orange, Cannes et Paris, autant les intérieurs sont filmés dans un studio berlinois, coproduction franco-allemande oblige, comme le racontent les deux historiens chargés d’évoquer la genèse de ce projet en bonus. Gueule d’amour (1937) ajoute pourtant un chapitre à la geste tragique de Gabin (qui rêvait depuis plusieurs années de jouer dans une adaptation du roman d’André Beucler, porté à l’écran sans mots d’auteur par Charles Spaak), préposé alors à incarner les hommes du peuple maudits et désespérés confrontés à des femmes fatales. Au détour d’un travelling le long d’une palissade, apparaissent furtivement des affiches qui situent le film à un tournant de notre histoire, l’une vantant les Croix de feu, une autre évoquant le soutien de la CGT aux orphelins de la Guerre d’Espagne. Aujourd’hui admirablement restauré, Gueule d’amour s’inscrit comme une étape fondamentale dans la carrière de son héros. Le film a fait l’objet du n°436 de l’ASC.
affiche-marie-octobre-de-julie-duvivierTout aussi passionnant, Marie-Octobre (1959), qui sans être son meilleur film, est représentatif de la noirceur qu’on associe volontiers au cinéma de Julien Duvivier, dont l’œuvre bénéficie ces temps-ci d’une exhumation qui n’avait que trop tardé. Le réalisateur, parfois qualifié de maître du naturalisme, y orchestre de main de maître une réunion d’anciens résistants dont l’un d’eux a trahi le chef de son réseau. Sujet encore épineux, quinze ans seulement après la Libération, qui permet à Henri Jeanson de signer une adaptation magistrale du roman de Jacques Robert dont il s’inspire. Un huis clos étouffant mené par une dizaine de comédiens qui composent un panel saisissant de la société française autour de la femme modèle que campe Danielle Darrieux. Du grand cinéma classique réglé au cordeau qui ne craint pas d’exploiter les contraintes de la dramaturgie théâtrale, mais ne parle jamais pour ne rien dire, avec en filigrane le spectre de Jean Moulin dont l’arrestation est devenue une affaire d’État par ce qu’elle a révélé de l’état de déréliction de la société française. Copie au noir et blanc éclatant, mais malheureusement dépourvue de bonus. n J.-P. G.

Gueule d’amour TF1 Vidéo
Marie-Octobre Pathé Vidéo

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